Nouveau matériel d’Arambourgiania

Arambourgiania est un ptérosaure azhdarchidé géant connu d’une poignée d’éléments découverts dans le Maastrichtien de la formation géologique de Muwaqqar (Muhafazat al-Asima, Jordanie). Il a initialement été décrit sous le nom de Titanopteryx philadelphiae par Arambourg (1959), avant d’être renommé Arambourgiania par Nesov en 1989. Son holotype (UJA VF1) est une vertèbre cervicale tandis que d’autres éléments appartenant peut-être au même spécimen que l’holotype ont été référés à A. philadelphiae par Frey et Martill (1996) et Martill et Moser (2017). Rosenbach et ses collègues décrivent ainsi de nouveaux spécimens d’Arambourgiania de la formation géologique de Muwaqqar.

Reconstitution squelettique d’Arambourgiania, avec en blanc les os connus, par Dean Schnabel

Les spécimens décrits par Rosenbach et ses collègues sont la diaphyse d’un humérus droit (YUPC-RUSEIFA-1) ainsi qu’un os appendiculaire indéterminé (numéro inconnu). Cet os appendiculaire a précédemment été décrit comme un tibia d’ornithopode par Martill et ses collègues en 1996. Ces deux éléments ont une taille, une structure osseuse et une morphologie générale qui permettent de les attribuer à un ptérosaure géant. Le contexte spatio-temporel permet à Rosenbach et ses collègues d’attribuer ces deux spécimens à Arambourgiania philadelphiae.

Photographies de la diaphyse de l’humérus YUPC-RUSEIFA-1, référé à Arambourgiania philadelphiae par Rosenbach et ses collègues

Rosenbach et ses collègues ont analysé la structure osseuse de l’humérus YUPC-RUSEIFA-1 et l’ont comparée à celle d’oiseaux actuels et à celle du ptérosaure Inabtanin qu’ils décrivent dans le même article (voir cet article). Ils constatent que la structure osseuse de l’humérus d’Arambourgiania présente un motif qui se retrouve chez les oiseaux actuels qui pratiquent le vol plané. Pour Rosenbach et ses collègues, cela indique que la grande taille d’Arambourgiania le rendait presque incapable de battre des ailes régulièrement, ce qui l’a amené à se spécialiser dans le vol battu.

Photographies (B) et scans CT (D et F) de la diaphyse de l’humérus YUPC-RUSEIFA-1, référé à Arambourgiania philadelphiae par Rosenbach et ses collègues, montrant une structure osseuse de crêtes hélicoïdales typique des oiseaux actuels pratiquant le vol plané (H)

Arambourgiania était un ptérosaure géant mesurant environ 10 mètres d’envergure. Malgré sa grande taille, très peu de restes de ce ptérosaure sont connus, ce qui rend son écologie mystérieuse. Il s’agissait peut-être d’un généraliste qui voyageait sur de grandes distances grâce à ses adaptations pour le vol plané. Arambourgiania vivait près des côtes d’une mer chaude et pouvait probablement voler au large. Il cohabitait avec des mosasaures, des plésiosaures, des tortues, des crocodylomorphes et le ptérosaure Inabtanin.

Références : Rosenbach, K.L.; Goodvin, D.M.; Albshysh, M.G.; Azzam, H.A.; Smadi, A.A.; Mustafa, H.A.; Zalmout, I.S.A.; Wilson Mantilla, J.A., 2024, New pterosaur remains from the Late Cretaceous of Afro-Arabia provide insight into flight capacity of large pterosaurs. Journal of Vertebrate Paleontology. e2385068.

Arambourg, C., 1959, Titanopteryx philadelphiae nov. gen., nov. sp. Ptérosaurien géant. Notes et Mémoires sur le Moyen-Orient. 7: 229-234.

Nessov, L.A.; Yarkov, A.A., 1989, Новые птицы мела-палеогена СССР и некоторые замечания по истории возникновения и эволюции класса. Trudy Zoologicheskogo Instituta AN SSSR. 197: 78-97.

Frey, E.; Martill, D.M., 1996, A reappraisal of Arambourgiania (Pterosauria, pterodactyloidea): one of the world’s largest flying animals. Neues Jahrbuch für Geologie und Paläontologie – Abhandlungen. 199(2): 221-247.

Martill, D.M.; Moser, M., 2018, Topotype specimens probably attributable to the giant azhdarchid pterosaur Arambourgiania philadelphiae (Arambourg 1959). Geological Society, London, Special Publications. 455(1): 159-169.

Martill, D.M.; Frey, E.; Sadaqah, R.M., 1996, The first dinosaur from the Hashemite Kingdom of Jordan. Neues Jahrbuch für Geologie und Paläontologie-Monatshefte. 1996(3): 147-154.

Toutes les images proviennent de Rosenbach et al., 2024, à l’exception de la première qui est une oeuvre de Dean Schnabel

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