Plasticité évolutive des eosauropterygiens

Les eosauropterygiens sont un groupe de sauropterygiens qui comprend les nothosaures, les pachypleurosaures et les pistosauroidés. Les pistosauroidés comprennent eux-mêmes plusieurs genres basaux ainsi que les plésiosaures. L’analyse de la disparité évolutive permet de connaître le degré de plasticité évolutive d’un groupe, c’est-à-dire à quel point les taxons d’un groupe sont morphologiquement variés. L’étude de la disparité évolutive des sauropterygiens s’est longtemps centrée uniquement sur les plésiosaures, négligeant l’analyse des eosauropterygiens basaux. En conséquence, la dynamique de diversification, l’occupation morphospatiale et les convergences évolutives entre les eosauropterygiens sont encore très méconnues. Laboury et ses collègues analysent ainsi la plasticité évolutive des eosauropterygiens, afin de mieux connaître ces points.

Scans CT et photographies de plusieurs spécimens d’eosauropterygiens, montrant les différentes mesures analysées par Laboury et ses collègues

Laboury et ses collègues ont effectué des analyses morphométriques couplées à des analyses phylogénétiques. Ces analyses ont permis d’analyser la répartition morphospatiale des eosauropterygiens en fonction de leur phylogénie. Laboury et ses collègues constatent que chaque clade d’eosauropterygiens occupe un morphospace crânien distinct, à l’exception de quelques genres susceptibles d’être convergents entre eux. Il s’agit du pistosauroidé Wangosaurus, potentiellement convergent avec les nothosaures Brevicaudosaurus et Lariosaurus, ainsi que du pachypleurosaure Qianxisaurus, potentiellement convergent avec le nothosaure Simosaurus.

Résultats des analyses phylogénétiques et morphospatiales de Laboury et ses collègues, montrant les similitudes morphologiques entre le pistosauroidé Wangosaurus et les nothosaures Brevicaudosaurus et Lariosaurus, ainsi qu’entre le nothosaure Simosaurus et les pachypleurosaures ; on note que chaque groupe d’eosauropterygien occupe un morphospace distinct

A l’exception de ces quelques convergences, le manque de chevauchement des morphospaces crâniens montre que chaque groupe d’eosauropterygien a occupé des niches écologiques distinctes. Ainsi, il y a eu très peu de concurrence entre les différents groupes d’eosauropterygiens. En revanche, les morphospaces postcrâniens de tous les groupes se chevauchent, signifiant que le mode de locomotion de chacun des groupes était très similaire. Ces groupes nageaient probablement par oscillation du corps, en utilisant les membres pour se diriger. Laboury et ses collègues interprètent ce résultat comme une forme de conservatisme du mode de locomotion ancestral des eosauropterygiens. A noter que les pistosauroidés occupent une partie distincte du morphospace postcrânien. Selon Laboury et ses collègues, cela traduit une évolution vers la nage en vol sous-marin des plésiosaures.

Référence : Laboury, A.; Scheyer, T.M.; Klein, N.; Stubbs, T.L.; Fischer, V., 2023, High phenotypic plasticity at the dawn of the eosauropterygian radiation. PeerJ. 11: e15776.

Toutes les images proviennent de Laboury et al., 2023

Laisser un commentaire