Nouveau squamate : Electroscincus

En 2016, Ru Smith a acheté un morceau d’ambre contenant le squelette partiel d’un squamate qui provenait de l’Albien-Cénomanien de l’Ambre Birman (Kachin, Myanmar). Il en fit don à Juan Daza en 2017, qui entreprit ensuite d’étudier le spécimen. Daza et ses collègues décrivent ainsi ce squelette partiel comme l’holotype d’un nouveau taxon qu’ils baptisent Electroscincus (« scinque de l’ambre »), avec E. zedi pour espèce.

Photographies et vues aux rayons X de l’holotype (GRS-Ref-51036) d’Electroscincus zedi

L’holotype (GRS-Ref-51036) d’Electroscincus zedi est un squelette postcrânien partiel préservé en deux parties déconnectées dans un morceau d’ambre. Il se compose de quelques vertèbres caudales, de la ceinture scapulaire, des membres antérieurs et postérieurs ainsi que de nombreux ostéodermes. Pour Daza et ses collègues, le degré d’ossification des membres de GRS-Ref-51036 indique que c’est un individu subadulte ou adulte.

Scans CT de l’holotype (GRS-Ref-51036) d’Electroscincus zedi

L’analyse phylogénétique ainsi que les comparaisons morphologiques de Daza et ses collègues classent Electroscincus au sein de Scincidae. Selon la méthode employée, l’analyse phylogénétique de Daza et ses collègues place Electroscincus près d’Acontinae, près de Brachymeles ou dans une position de Scincidae le plus basal. Il s’agit très probablement d’un scincidé très basal, mais plus d’éléments squelettiques sont nécessaires pour le confirmer.

Résultats de l’analyse phylogénétique de Daza et ses collègues qui classe Electroscincus comme un membre basal de Scincidae, potentiellement proche d’Acontinae

Electroscincus était un très petit squamate puisque sa longueur museau-cloaque est estimée à 3 centimètres par Daza et ses collègues. Cela suppose une longueur totale proche de 5 centimètres. Electroscincus était probablement un insectivore qui se protégeait de ses propres prédateurs à l’aide de ses ostéodermes et de sa queue potentiellement capable d’être perdue puis régénérée. Il vivait en compagnie de nombreux autres squamates, d’amphibiens, de coelurosaures et d’oiseaux énantiornithes comme le genre Elektorornis.

Reconstitution du vivant d’Electroscincus

Référence : Daza, J.D.; Stanley, E.L.; Heinicke, M.P.; Leah, C.; Doucet, D.S.; Fenner, K.L.; Arias, J.S.; Smith, R.D.A.; Peretti, A.M.; Aung, N.N.; Bauer, A.M., 2024, Compound osteoderms preserved in amber reveal the oldest known skink. Scientific Reports. 14: 15662.

Toutes les images proviennent de Daza et al., 2024

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