Nouvel énantiornithe : Imparavis

Il y a quelques années, le squelette d’un oiseau fossile fut découvert dans l’Aptien de la formation géologique de Jiufotang (Liaoning, Chine). Wang et ses collègues le décrivent ainsi comme l’holotype d’un nouveau genre qu’ils baptisent Imparavis (« étrange oiseau »), avec I. attenboroughi pour espèce. L’holotype (STM11-176) d’Imparavis attenboroughi est un squelette presque complet auquel il manque des éléments de la colonne vertébrale et de la cage thoracique. Wang et ses collègues n’ont pas précisé le stade ontogénique de STM11-176.

Photographie et dessin interprétatif de l’holotype (STM11-176) d’Imparavis attenboroughi

L’analyse phylogénétique de Wang et ses collègues classe Imparavis comme un membre dérivé d’Enantiornithes, dans un clade avec Yuornis et Gobipteryx. Ce clade peut être nommé Gobipterygidae, mais les relations au sein de Gobipterygidae sont mal connues. Imparavis représente sans aucun doute un énantiornithe dérivé, mais ses relations avec Yuornis et Gobipteryx peuvent être le fruit de convergences évolutives. D’autres analyses sont nécessaires pour clarifier le classement d’Imparavis au sein d’Enantiornithes.

Résultats de l’analyse phylogénétique de Wang et ses collègues, classant Imparavis comme un membre dérivé d’Enantiornithes, dans un clade avec Yuornis et Gobipteryx (Gobipterygidae)

Imparavis se caractérise par des attaches musculaires très développées au niveau des membres antérieurs. Wang et ses collègues constatent que ses muscles pectoraux sont très développés, suggérant qu’il pouvait battre puissamment des ailes. Il pouvait aussi décoller rapidement et effectuer des décollages et atterrissages verticaux. Pour Wang et ses collègues, la combinaison de ces caractéristiques permettait à Imparavis de décoller soudainement pour échapper aux prédateurs, mais aussi peut-être lors de combats intraspécifiques utilisant les membres antérieurs.

Comparaison de la furcula d’Imparavis (A) avec les furcula de plusieurs autres énantiornithes (B- Bohaiornis ; C- Sulcavis ; D- Xiangornis ; E- Microenantiornis ; F- Shangyang ; G- Yuanjiawaornis)

Une autre caractéristique notable d’Imparavis est l’absence de dents dans son bec. Un bec édenté est une caractéristique rare chez les énantiornithes, qui présentent généralement des dents. La perte des dents d’Imparavis est probablement une adaptation à une écologie alimentaire spécifique, où l’absence de dents est avantageuse. Wang et ses collègues se basent sur la morphologie du bec d’Imparavis pour déduire qu’il pouvait saisir des fruits, des graines et des invertébrés, mais aussi déplacer des débris végétaux pour dénicher des invertébrés.

Photographie et dessin interprétatif du crâne de l’holotype (STM11-176) d’Imparavis attenboroughi ; on note l’absence de dents dans le bec

Sur la base de la morphologie des pieds d’Imparavis, Wang et ses collègues suggèrent qu’il était capable de se percher mais que ce n’était pas sa spécialisation. Imparavis était donc un oiseau édenté généraliste, capable d’échapper rapidement à ses prédateurs. Il vivait dans environnement forestier, avec de nombreux lacs et cours d’eau, où vivaient également une multitude d’oiseaux et d’autres ptérosaures, des choristodères, des sauropodes, l’ankylosaure Chuanqilong, le tyrannosauroidé Sinotyrannus, le dromaeosauridé Microraptor, l’oviraptorosaure Similicaudipteryx et le cératopsien Psittacosaurus.

Référence : Wang, X.; Clark, A.D.; O’Connor, J.K.; Zhang, X.; Wang, X.; Zheng, X.; Zhou, Z., 2024, First Edentulous Enantiornithine (Aves: Ornithothoraces) from the Lower Cretaceous Jehol Avifauna. Cretaceous Research. 105867.

Toutes les images proviennent de Wang et al., 2024

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