Dianmeisaurus est un genre de sauropterygien pachypleurosaure décrit en 2015 par Shang et Li, avec D. gracilis comme espèce-type. Son holotype (IVPP V 18630) est un squelette complet découvert dans l’Anisien de la formation géologique de Guanling (Yunnan, Chine). En 2017, Shang et ses collègues référèrent un second squelette complet (IVPP V 17054) de la même formation à D. gracilis. Hu et ses collègues décrivent ainsi un nouveau spécimen de Dianmeisaurus découvert dans la formation géologique de Guanling (Yunnan, Chine). Ce spécimen représente une nouvelle espèce, qu’ils baptisent Dianmeisaurus mutaensis.

L’holotype (HFUT MT-21-08-001) de Dianmeisaurus mutaensis est un squelette complet articulé préservé avec une empreinte et une contre-empreinte. Hu et ses collègues supposent qu’il s’agit d’un individu immature, sur la base du degré d’ossification de ses os. Plusieurs de ses caractéristiques, notamment ses proportions corporelles, semblent indiquer que HFUT MT-21-08-001 est un juvénile. A côté de ce spécimen, Hu et ses collègues notent la présence de quelques fragments d’os des membres et des côtes. Ils s »abstiennent de les référer à D. mutaensis car leur état fragmentaire empêche toute comparaison.

L’analyse phylogénétique de Hu et ses collègues classe Dianmeisaurus mutaensis en taxon-soeur de Dianmeisaurus gracilis. Cela forme un genre Dianmeisaurus monophylétique, lui-même taxon-soeur de Panzhousaurus. Panzhousaurus et Dianmeisaurus forment un clade de pachypleurosaures basaux, un clade souvent retrouvé par de récentes analyses. L’analyse phylogénétique de Hu et ses collègues retrouve également un clade formé par Pachypleurosauria et Nothosauroidea, lié à Majiashanosaurus et Hanosaurus.

Dianmeisaurus mutaensis se caractérise par des os épais très denses, c’est-à-dire une pachyostose. La pachyostose caractérise les sauropsides aquatiques vivant en eaux peu profonde, qui exploitaient leurs os denses pour améliorer leur flottabilité. D. mutaensis présente une réduction de la taille de ses côtes caudales, indiquant que sa queue était comprimée latéralement. Cette morphologie caudale lui aurait conféré un avantage fonctionnel, améliorant sa maniabilité et l’efficacité de sa nage ondulatoire. D. mutaensis possédait des narines situées très en avant de son museau, tout comme D. gracilis et Panzhousaurus.

Dianmeisaurus mutaensis se caractérise par un museau court, garni de dents coniques. Son appareil hyoïde est inconnu mais sur la base de ses proches parents, il aurait été capable d’aspirer. D. mutaensis, comme les autres pachypleurosaures basaux, aurait chassé des petites proies comme les poissons et les mollusques en les aspirant. Ses orbites sont de grande taille, mais cela s’explique par la nature juvénile de son holotype. Sur la base de spécimens adultes de Dianmeisaurus, il reste envisageable que les adultes de D. mutaensis aient eu des yeux proportionnellement grands. Des grands yeux lui auraient permis de détecter ses proies dans de faibles conditions de luminosité.

L’holotype de Dianmeisaurus mutaensis mesurait 10 centimètres de longueur. Il est toutefois impossible de connaître la taille des adultes de cette espèce, mais elle devait être de quelques dizaines de centimètres. D. mutaensis était un petit prédateur potentiellement nocturne, qui chassait de petites proies assez lentes par aspiration. Il vivait dans une mer assez peu profonde, en compagnie d’ichthyosauromorphes, de saurosphargidés, du sauropterygien basal Atopodentatus, de nothosauroidés, de pachypleurosaures basaux, de keichousauridés et de pachypleurosauridés.
Références : Hu, Y.W.; Li, Q.; Liu, J., 2024, A new pachypleurosaur (Reptilia: Sauropterygia) from the Middle Triassic of southwestern China and its phylogenetic and biogeographic implications. Swiss Journal of Palaeontology. 143: 1.
Shang, Q.H.; Li, C., 2015, A new small-sized eosauropterygian (Diapsida: Sauropterygia) from the Middle Triassic of Luoping, Yunnan, southwestern China. Vertebrata Palasiatica. 53(4): 265-280.
Shang, Q.H.; Li, C.; Wu, X.C., 2017, New information on Dianmeisaurus gracilis Shang & Li, 2015. Vertebrata Palasiatica. 55(2): 145-161.
Toutes les images proviennent de Hu et al., 2024