Des fouilles en 2017 et 2019 ont découvert un nouvel assemblage de fossiles du Carnien du Zimbabwe, comprenant un nouveau genre de sauropodomorphe. Ainsi Griffin et ses collègues ont décrit le genre Mbiresaurus (en référence au district de Mbire dans lequel l’holotype a été découvert) avec M. raathi pour espèce. L’holotype (NHMZ 2222) est un squelette presque complet partiellement articulé comprenant un crâne partiel, des vertèbres cervicales, dorsales, sacrales et caudales, des fragments de côtes, la ceinture pectorale et le bassin partiels ainsi que les membres antérieurs et postérieurs partiels. Un squelette partiel (NHMZ 2547) plus grand que l’holotype a été désigné comme paratype. Mbiresaurus provient de la formation géologique de Pebbly Arkose (Mashonaland Central, Zimbabwe), qui date de la fin du Carnien.

L’analyse ostéohistologique des deux spécimens montre que l’holotype avait atteint sa maturité morphologique (et donc probablement sa maturité sexuelle), mais n’avait pas encore atteint la maturité squelettique. Le paratype, 15 % plus grand montre que Mbiresaurus pouvait encore grandir après avoir atteint la maturité morphologique ou bien qu’il existait une variation de taille importante au sein du genre. Ainsi la taille adulte de Mbiresaurus se situerait aux environs de 2,5 mètres de longueur.

La position phylogénétiques des premiers dinosaures étant souvent controversée, plusieurs analyses ont été effectuées par Griffin et ses collègues. Dans chacune d’entre elles, Mbiresaurus a été retrouvé comme un sauropodomorphe basal, proches des autres membres du Carnien de ce groupe. Ainsi Mbiresaurus est un genre de sauropodomorphe très basal, hors de Bagualosauria. De par son âge et la complétude de ses restes, Mbiresaurus représente l’un des plus vieux dinosaures indiscutables d’Afrique connus à ce jour.

Mbiresaurus a été découvert en compagnie d’une faune diverse d’herrerasauridés, de rhynchosaures hyperodapedontinés, d’aetosaures basaux et de cynodontes. Cette composition faunique est similaire à celle de l’Inde ou d’Amérique du Sud à la même époque. Le Zimbabwe se situait tout comme ces régions le long de la même zone paléolatitudinale, ce qui indique que ces faunes pourraient suivre des ceintures climatiques en fonction des latitudes, qui auraient eu une influence majeure sur la distribution des tétrapodes à travers la Pangée du Trias supérieur. Griffin et ses collègues ont découvert que les régions climatiques ont pu jouer un grand rôle dans la phase de dispersion des dinosaures et que la phylogénie des premiers dinosaures nous permet de retracer leur parcours.

Référence : Griffin, C.T.; Wynd, B.M.; Munyikwa, D.; Broderick, T.J.; Zondo, M.; Tolan, S.; Langer, M.C.; Nesbitt, S.J.; Taruvinga, H.R., 2022, Africa’s oldest dinosaurs reveal early suppression of dinosaur distribution. Nature. 242
Toutes les images proviennent de Griffin et al., 2022